Compétition courts-métrages – Alberto Resendiz

Alberto
© Sébastien Vergne

Formé à la Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), Alberto Resendiz présente son travail de fin d’étude, Requiem para la eternidad. Après Susurros de luz, ce jeune réalisateur nous offre un nouveau court-métrage, pensé comme un documentaire mais appréhendé comme une fiction.Vainqueur du prix du Meilleur Court-métrage documentaire du festival de Morelia, ce court-métrage est en effet librement inspiré d’un événement marquant de la vie du réalisateur : “lors d’un contrôle de routine, les médecins m’ont annoncé, par erreur, que j’avais un cancer des os”. Le spectateur est ainsi convié à suivre la journée de cet homme, abattu par la terrible nouvelle.

Un homme, une journée, une histoire, le tout en 12 minutes. Cela vous semble-t-il suffisant ?

Certains pensent que ce format est plus facile mais je pense que c’est le contraire. Il faut être concret dans le message que l’on veut faire passer. J’ai choisi de filmer des images plutôt que des dialogues. Des cartons informatifs apparaissent également pour expliquer que cet événement m’est arrivé en 2007 et que je me souviens avoir vécu ce moment précis.

Ce format est en accord avec les orientations esthétiques que je recherchais. J’ai d’abord réalisé un premier jet de 17 minutes mais à la 14e minute la tension du film retombait. Il est vrai que le spectateur est habitué à des histoires dont le fil narratif est plus classique (début, tension, action et dénouement). Quand tu présentes un film expérimental, tu dois donner des clés de compréhension au spectateur. J’ai donc décidé de raccourcir le film et de conserver sa tension dramatique.

Cette manière particulière de prendre les images est-elle une expérimentation ou une construction de ton style cinématographique?

Globalement, la réalisation de courts-métrages m’est apparu comme une évidence : la combinaison de ma formation universitaire et de ma personnalité fait que je m’oriente vers ce style de cinéma. Cette manière de filmer n’est pas une expérimentation, c’est ma touche personnelle, ma tendance. Le cinéma a appris de la littérature, et de toutes les autres formes d’arts, mais il devrait s’en détacher car il possède son propre potentiel. Le cinéma est en effet plus propice à l’expérimentation, on peut jouer avec la forme, bouleverser les codes de l’esthétique. Elle permet de tenter certaines choses, d’en tirer des conclusions, et de ses conclusions naissent de nouvelles idées. C’est une orientation vers laquelle je souhaite me diriger.

Vous avez remporté de nombreux prix avec vos premières expériences cinématographiques. Quelle est votre ambition pour l’avenir?

Je prévois la réalisation d’un documentaire, La Fama del tiempo, sur le thème de la paternité. Cela fait 25 ans que je n’ai aucune relation avec mon père, l’idée est donc, à travers ce documentaire, de mener une recherche identitaire et de résoudre des questions qui me taraudent depuis ma plus tendre enfance.

SÉBASTIEN / ÉLISA / CLÉMENCE

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