PRIX CINEMA EN CONSTRUCTION

La sirga

LA SIRGA
WILLIAM ANDRES VEGA
COLOMBIE, FRANCE, MEXIQUE

A l’unanimité ! D’abord le prix Cine + des distributeurs, puis la dotation technique de Cinema en Construction pour terminer la post-production.
Rencontre avec deux hommes soulagés : William Andres Vega, le réalisateur colombien de «La Sirga » et Oscar Ruiz Navia, son producteur.

Que vont vous permettre ces deux récompenses ?

Nous sommes soulagés de pouvoir nous remettre au travail. Nous avons fini le montage en janvier et nous étions dénudés dans l’attente de nouveau fonds. Nous avons commencé le tournage dès que nous avons eu juste assez d’argent, en sachant qu’il faudrait s’interrompre pour les étapes suivantes : le montage puis la post-production. Recevoir le prix CC maintenant pourrait nous permettre de sortir le film cette année en Colombie. Peut-être aussi de participer à de grands festivals et sans aucun doute de gagner la confiance de nouveaux partenaires, en Europe comme en Colombie.

William, tu as tenu absolument à tourner en 35 mm. Pourquoi ?

Je savais que cela nous demanderait de gros efforts, en temps et en argent (travail colorimétrique, bouts d’essai, aller-retous nombreux). Mais c’était une nécessité pour cette histoire anachronique, nostalgique, atemporelle. Je voulais le grain de la pellicule et utiliser cette technique de plus en plus rare.

Nous devions aussi tourner en 35 mm à cause des conditions climatiques de la haute-montagne: humidité, froid, pluie. Les caméras analogiques résistent mieux.

Surtout, la postproduction est cruciale sur « la Sirga » car je tiens à être parfaitement fidèle à la lumière des lieux, à l’atmosphère qui y règne.

Justement, tu as parlé de la dimension identitaire du cinéma…

En Colombie aujourd’hui le cinéma commercial se porte bien. Tant mieux. Mais je crains qu’il n’occulte un cinéma local. Les jeunes veulent être superman et connaissent mieux d’autres cultures que la leur. Je ne veux pas forcément qu’ils s’identifient à Alicia, mais au moins qu’ils connaissent ce genre de personnage colombien, la richesse culturelle de ce lieu excentré. En soutenant un film qui se passe à la périphérie d’un pays périphérique, Cine en Construction prouve qu’il existe une globalisation positive, basée sur l’échange et le dialogue.

BARBARA

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