Rencontre avec Santiago Mitre

Mitre
EL ESTUDIANTE
SANTIAGO MITRE
ARGENTINE 2011 1H52

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Santiago Mitre, évoque le parcours initiatique de Roque Espinosa, un jeune argentin, qui s’implique dans un mouvement politique étudiant. Le film, vainqueur du prix du jury à Locarno en 2011, intervient dans un contexte où, justement, les mouvements étudiants latino-américains se sont faits connaître en prenant position contre les réformes de privatisation des universités.

Arrivé en politique par l’intermédiaire d’une petite amie puis d’un professeur, le personnage central se découvre plus qu’une passion, une vocation. Aux yeux du réalisateur, la politique ce n’est pas uniquement des idéologies et des programmes mais aussi un exercice du pouvoir emprunt d’émotion.

« Hybride entre le registre fictionnel et le documentaire », l’œuvre est en fait une intrusion de quelques acteurs dans le mouvement de la ville de Buenos Aires et de l’université. Les véritables groupes politiques de la faculté, enthousiasmés par le projet, prenaient l’initiative d’aviser l’équipe de tournage avant les réunions, les assemblées ou les manifestations puis les acteurs prenaient possession des lieux en y jouant leur rôle. Il faut aussi rajouter que la fiction est rendue réelle grâce aux décors et aux murs détériorés et recouverts d’affiches de l’université. L’intemporalité du film se retrouve volontairement mise à mal par ces affiches qui font échos à la situation politique du moment, situation qui correspond à la mort de l’ex-président Kirchner ainsi qu’à l’assassinat du premier étudiant depuis la fin des années 1980.

Plus que de donner un point de vue idéologique, le film fait état et questionne la manière de faire de la politique. Santiago Mitre s’intéresse en particulier à l’approche de la politique par les jeunes de sa génération. Si la manière de faire de la politique évolue constamment, force est de constater que les comportements et les discours trahissent la continuité des vieilles stratégies politiques. La dernière scène, sujette à de nombreuses polémiques en Argentine, réserve au spectateur une surprise qui selon le réalisateur « permet au spectateur de conforter son point de vue de la politique ».

CLEMENCE

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Santiago Mitre s’adresse au public : « Ne vous focalisez pas sur les dialogues mais laissez-vous entrainer par le regard du personnage. Écoutez les dialogues comme s’ils étaient de la musique. »

 

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