Rencontre avec Matías Meyer

Meyer

LOS ÚLTIMOS CRISTEROS
MATÍAS MEYER
MEXIQUE – PAYS-BAS 2011 1H30

Le Mexique, des hommes, une religion, un conflit, le réalisateur nous plonge dans des contrées inconnues de l’histoire mexicaine. Son père, l’un des plus grands spécialistes de la période, a sans doute contribué à la réalisation d’un film qui revient sur ce fait historique.

La Cristiada fut en son essence, une imitation collective du Christ. Les références bibliques sont d’ailleurs nombreuses et l’esthétique des images capte la curiosité du spectateur : les contre-plongées des personnages avec leurs chapeaux jaunes dorés évoquent des auréoles, la végétation sèche et épineuse se réfère à la couronne d’épines et les hommes marchant pieds nus rappellent les apôtres.

Cette épopée mystique plonge le spectateur dans la vie des derniers disciples du Christ prêts à tout pour défendre leur spiritualité. Le film approche leur vie au quotidien, le spectateur passe du temps avec eux, les observe. Contrairement aux idées reçues, le réalisateur insiste sur le fait que la guerre est souvent ennuyeuse et faite d’interminables attentes : « le rythme des personnages s’adapte au rythme de la nature, ils cherchent à la contempler car elle seule témoigne du sacrifice de ces hommes ».

C’est dans la recherche d’une image authentique des Cristeros que le choix d’acteurs non professionnels et descendants de Cristeros a été élaboré. Ils ont su jouer de leur histoire et de leur accent pour placer ce film au plus proche de la réalité. Los últimos Cristeros rend hommage à ces hommes qui sont prêts à aller jusqu’au bout, même s’ils ont encore leurs peurs et leurs doutes.

Matías Meyer cible la sensibilité du spectateur et le pousse à réfléchir sur le sens que l’on peut donner à l’engagement, qu’il soit religieux, politique ou personnel. Pari réussi pour ce jeune réalisateur dont le film a déjà été largement récompensé : Meilleur film au festival FICUNAM à Mexico en 2012, Mention honorifique au Festival International de Cinéma de Paraty au Brésil et le Prix SIGNIS au Festival de La Havane à Cuba.

Elisa

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Le réalisateur fait allusion au conflit sanglant que connaît le Mexique, à travers un « narco-corrido », une complainte contemporaine sur les narcotrafiquants. Cela rappelle que l’époque actuelle est la quatrième vague de violence de l’histoire mexicaine, précédée par la Conquête, l’Indépendance et la Révolution.

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