Rencontre avec Alejo Franzetti

Franzetti

LA DESTRUCCION DEL ORDEN VIGENTE
ALEJANDRO FRANZETTI
ARGENTINE 2012 1H28

Un couple énigmatique, Clara et Francisco.  Ils ne cesseront plus de vous interroger. Une question lancinante : qui a tué Francisco ? C’est un jeu de piste dans Buenos Aires puis Montevideo que vous propose Alejo Franzetti. Les indices semés tout au long du film laissent la part belle à l’interprétation du spectateur.

Suivons Clara, qui enquête sur la mort de Francisco. On voit ensuite cet homme quelques mois avant sa mort, un être rongé, traqué (de l’intérieur ou de l’extérieur ?), poursuivant lui-même les pouvoirs publics.

La destrucción del orden vigente fait référence à la mort « qui n’est rien d’autre qu’une interruption », vers laquelle est conduit Francisco, plein d’illusions, Don Quichotte des temps modernes. Mais c’est aussi un écho aux errements de Clara, qui, ayant perdu son amour, se délite progressivement. La structure même du film met en relief ces trajectoires de vie erratiques : « chaque épisode n’est rien d’autre qu’une trame interrompue ». La lumière, la musique et surtout les bruits ajoutent une teinte irréelle et presque apocalyptique.

Le doute s’est déjà largement insinué dans vos esprits, laissez-moi vous éclairer sur la dimension politique. Les journaux s’immiscent dans notre quotidien comme ils le font dans ceux de Clara et Francisco, mais ce dernier produit lui-même des vidéos qu’il envoie aux ministères, syndicats… Voilà un pied de nez pointant la connivence entre les pouvoirs politiques et les médias qui formatent les pensées.

La dimension personnelle n’est jamais très loin. Le réalisateur décrit son œuvre comme un acte de « catharsis, un cri libérateur nécessaire à un moment particulier de sa vie ». Alejo Franzetti a pensé son film à un moment particulier de sa vie, à la mort d’un de ses meilleurs amis. Le fait que le film ait été envisagé comme une purgation des passions lui donne un éclat dramatique éblouissant.

Et si, ô grand jamais, des interrogations vous auriez, voilà la réponse, je vous le dit texto (…Alejo !) : « ce qui se filme, c’est une question, les réponses ne viendront pas du film, mais du spectateur ».

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Si le Buenos Aires des cartes postales vous manque… en voici un aperçu, toujours d’après le point de vue d’Alejo Franzetti … ou de ses personnages : http://www.youtube.com/watch?v=MZhb5z8WgIk
Bon voyage à vous et un merci à lui pour son attention gustative !

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