Rencontre avec Gabriel Mariño

Marino

D’où vient le personnage de María ? Comment l’avez-vous construit ?

María est le fruit de mes propres expériences, fantasmes et obsessions, de mes propres souvenirs d’adolescent. J’ai beaucoup parlé avec Lucía Uribe l’actrice qui l’incarne et j’ai lu plusieurs blogs tenus par des adolescents.

Au départ, le film était le portrait d’une personne unique. Mais au fur et à mesure, avec entre autres les rencontres avec deux jeunes gens (Juan et Rosita), c’est devenu une certaine radiographie de la jeunesse au Mexique.

Beaucoup de personnes sont absentes dans cette histoire, à commencer par le père de María…

Le Mexique actuel, touché par une crise politique, économique et sociale très forte, est un pays marqué par l’absence de pères, mères, frères. C’était un point essentiel dont je voulais témoigner : tous les jeunes protagonistes de @Un mundo secreto@ sont perdus, parce qu’il n’y a plus de parents, d’époux, d’opportunités.
Les conditions actuelles du pays ont un impact direct sur les jeunes, qui sont aussi les plus touchés. Le tissu social mexicain est si détérioré qu’il ne peut plus soutenir leurs rêves et leurs projets.

Il devenait pour moi vital de raconter l’histoire de cette jeune fille au cœur brisé dont le voyage va enrichir sa vie pour toujours. J’ai décidé de faire ce film parce que j’ai confiance en notre capacité à faire de bonnes rencontres, confiance dans la possibilité de voyager au Mexique sans se heurter à la violence. Je suis sûr que nous pouvons encore trouver des réponses.

En plus du scénario et de la mise en scène, vous avez participé au montage du film ?

Pour moi il était d’important de participer au montage. J’ai travaillé avec Pedro G. García, en qui j’ai une confiance totale. J’avais besoin de sa présence pour avoir la rigueur et le détachement vis-à-vis du matériel filmique. C’est lui qui a donné le ton du montage, en respectant le rythme des plans. Il y a trois étapes différentes où le film à chaque fois se réalise : une sur le papier, une autre sur le plateau et la dernière dans la salle de montage. Je ne peux pas imaginer ne pas être dans l’une de ces trois étapes vitales dans la naissance d’un film.

CEDRIC

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Le Mexique est durement marqué par une triste réalité sociale que les sociologues hispanophones nomment les Nini (ni trabajan ni estudian) : plus de 7,2 millions de Mexicains âgés de 15 à 29 ans sont hors cadre scolaire et professionnel, à cause de facteurs socioéconomiques et politiques.

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