Rencontre avec Rodrigo Marín

Marin

ZOOLÓGICO
RODRIGO MARÍN
CHILI 2011 1H08

Une journée dans la vie de trois adolescents d’une banlieue huppée de Santiago du Chili. Dans ce film, le réalisateur Rodrigo Marín s’est attaché à présenter, selon ses mots « un groupe de jeunes captivés par l’Empire américain ». Aucune volonté de contestation pourtant, de la part du realisateur, qui considère que « la bataille est perdue d’avance ». Plutôt un état des lieux qui sert de prémisse à une réflexion plus approfondie autour de l’impact réel de l’influence américaine sur les jeunes de cette élite sociale et politique. Force est de constater que ces élites, devenues les marionnettes des Etats-Unis, sont appelées à passer aux commandes du pays. « Hyperréaliste », l’œuvre qui a été construite en partie grâce à un travail d’investigation sur cette classe sociale, traduit efficacement ce point de vue.

La psychologie des personnages est donnée à comprendre à l’entendement, comme un cadeau fait par la caméra. Caméra, qui, entre dans l’intimité sans jamais verser dans le voyeurisme. La force de ce film c’est qu’il suggère le mal-être plus qu’il ne le donne à voir.

Trois adolescents, trois situations : Camilo qui a vécu aux États-Unis avec son père doit dorénavant s’habituer à sa vie avec sa mère au Chili. Bélen, quant à elle, ne jure que par la célébrité et les vidéos sur Internet. Anibal, en pleine phase de rébellion, commence à devenir violent.

Oui, mais voilà, l’essence du film est beaucoup plus universelle. Elle offre un regard sur l’adolescence comme étape de la construction de l’identité et de la sexualité. Zoológico, pour dire que finalement nous sommes tous des animaux avec nos déviations, nos frustrations, nos doutes. Le choc réside justement entre ce qu’ils veulent, ressentent à ce moment de leur vie et ce que la société veut qu’ils soient. Cette tension entre l’animal et l’humain se retrouve notamment dans les techniques cinématographiques particulières, des focus aussi déroutants qu’esthétiques sur les hanches de Bélen par exemple. Alors laissez-vous guider par cette caméra qui sans dire mot, dévoile beaucoup.

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Les films de Rodrigo Marin ont reçu plusieurs prix dans divers festivals… Mais lorsqu’on lui demande si les prix sont importants à ces yeux il rétorque : « ils font surtout plaisir à ma maman ».

CLEMENCE

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