Rencontre avec Dominga Sotomayor

Sotomayor

DE JUEVES A DOMINGO
Dominga Sotomayor
Holanda – Chile – 2012 1h36

Une photo, deux enfants assis sur le capot d’une voiture (Dominga Sotomayor et son petit cousin), un road trip familial. C’est cette photo de famille retrouvée par la jeune réalisatrice qui a été le point de départ d’une belle aventure cinématographique dans laquelle Dominga Sotomayor s’est plongée pour son premier long-métrage. Sous l’influence de ses souvenirs, la jeune chilienne reprend le thème de la famille (déjà présent dans son court-métrage Noviembre) et des voyages et les exploite à travers les yeux d’un enfant. Cet enfant c’est Lucia et sa perception du monde qui l’entoure. On observe alors un couple dont les sentiments et les émotions s’apparentent à l’immensité et à la solitude des paysages nordiques chiliens. Le spectateur prend place à l’arrière de la Mazda 929, replonge en enfance et s’identifie à cette situation avec un sentiment de déjà vécu. Comme le confie Dominga Sotomayor, «mon équipe et moi avons eu quelques difficultés pour filmer dans la Mazda, mais ça nous a permis d’obtenir des séquences authentiques avec les enfants».

La sincérité et le naturel sont les deux caractéristiques qui ressortent de ce long-métrage. Tous les choix de Dominga Sotomayor ont été guidés par ses sensations. L’attribution des rôles s’est effectuée sans casting car elle avait déjà en tête des acteurs qui correspondaient à ses personnages. Mieux encore, durant le tournage, le suivi de l’ordre chronologique du scénario a été la règle d’or de manière à favoriser la spontanéité des réactions des enfants plutôt que leur jeu d’interprétation.
Côté musique, le spectateur est bercé au cours du film par des chansons populaires qu’elle écoutait durant son enfance avec son père. On découvre ainsi ses coups de cœurs acoustiques permettant, comme elle le dit si bien, au «film de chanter la chanson et à la chanson de chanter le film».
Le résultat est finalement admirable et récompensé. La talentueuse chilienne a d’ailleurs reçu cette année le Tigre du meilleur film au festival de Rotterdam… Il n’est donc pas dangereux d’avancer que son année risque d’être pleine de jolies surprises.

Pauline

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Dominga Sotomayor, jeune réalisatrice chilienne pleine de talent, raconte une anecdote personnelle qui l’a profondément touchée. Lors de la présentation de son long métrage De Jueves a Domingo au Festival international de cinéma FICUNAM à Mexico, un enfant de dix ans présent dans le public l’a interpellée. Il lui a demandé si c’était une coïncidence que la chanson principale du film dise « je veux dormir fatiguée » alors que la petite fille, Lucia, répète sans cesse qu’elle n’a jamais sommeil. La jeune réalisatrice n’y avait jamais pensé auparavant et a trouvé cette analyse très pertinente. Comme quoi, pas besoin d’être un adulte pour percevoir les sensations d’un film. Dominga Sotomayor a donc rappelé combien elle aimait ce rapport au public qui lui apporte des messages sur son film de la même manière qu’elle veut lui en transmettre.

Les commentaires sont fermés.